Allergies: yeux qui piquent, nez qui chatouille…

Allergies: yeux qui piquent, nez qui chatouille…

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Les yeux qui chatouillent, le nez qui coule, la peau qui chatouille, les éternuements… Voilà autant de signes qui font penser à des allergies. Voici un dossier pour mieux comprendre ce «mal du siècle» contre lequel on peut agir !

 Une allergie, c’est quoi au juste ?

Une réaction est dite allergique quand le contact avec une substance, quelle qu’elle soit, provoque une réaction inopportune (parce que la substance en question n’est pas nocive pour l’organisme) et exagérée du système immunitaire. Il s’ensuit une cascade de phénomènes (très complexes !) qui sont à l’origine de l’inflammation qui se manifeste généralement au niveau des muqueuses (du nez, des yeux, des voies respiratoires…) ou de la peau.


Le rhume des foins, c’est quoi ?


Appelé aussi rhinite allergique saisonnière ou pollinose des graminées, le rhume des foins est une forme d’allergie saisonnière.
L’hypersensibilité aux pollens, graminées ou spores de champignons provoque une réaction exagérée du système immunitaire. En effet, des anticorps de la muqueuse vont, au contact de ces allergènes, déclencher la production d’histamine, qui va induire une réaction inflammatoire. Les vaisseaux sanguins vont alors se dilater, les sécrétions vont augmenter.


Résultat : éternuements, picotements dans les yeux qui peuvent devenir rouges, gonfler, chatouiller, larmoyer et devenir sensibles au soleil ; le nez se bouche, puis coule, les sinus sont encombrés ; et parfois même, il peut y avoir des démangeaisons dans la gorge ou les oreilles, de la fatigue, des insomnies et maux de têtes causés par la congestion… Bref, un tableau pas bien réjouissant !


Pourquoi est-on allergique ?


L’élément essentiel semble être l’hérédité. Si aucun de vos parents ne souffre d’allergie, votre risque est de 10% d’en souffrir ; si l’un de vos parents est allergique, vos chances montent à 30% ; et si vos deux parents sont concernés, alors votre risque grimpe à 6 chances sur 10 !

Ensuite, il y a notre cadre de vie. Nous sommes de moins en moins nombreux à vivre à la campagne au contact des animaux et des arbres, à boire du lait sorti tout droit du pis de la vache, et à respirer un bon air pur. Des études ont montré que les enfants en contact très tôt dans leur vie avec des animaux de ferme, à poils et à plumes, étaient moins soumis aux allergies que leurs congénères citadins tout propres sur eux… C’est ce que l’on a appelé l’hypothèse hygiéniste : la désinfection à tout craint et l’évitement des contacts avec la nature (terre souillée, animaux etc.) expose plus à l’allergie !

Au lieu de cela, nous sommes majoritairement exposés à la pollution des voitures, à la pollution des industries, du chauffage… Ce n’est pas pour rien si lors des pics de pollution – de plus en plus fréquents, d’ailleurs ! – il est déconseillé aux asthmatiques d’éviter les efforts à l’extérieur, comme du sport, par exemple…

Si le rôle de la pollution de l’air sur le déclenchement des allergies est encore controversé, il ne fait plus de doute qu’elle favorise l’apparition des symptômes, par l’irritation qu’elle cause. En plus, les plantes qui ont poussé dans un environnement pollué ont tendance à fabriquer davantage de pollen, exposant donc plus aux allergies.

Les grands allergiques auraient-ils donc intérêt à se réfugier à la campagne ? Pas sûr, car ils pourraient aussi être sensibles aux pollens et graminées, des allergènes en puissance, nettement plus présents dans nos vertes campagnes… Dès les premiers jours du printemps, c’est le signe du retour des rhinites, conjonctivites et plaintes liées à l’asthme ! Bref, le début de la galère pour les allergiques…

Pollution à la maison aussi

Alors si l’air extérieur est pollué ou est infesté d’allergènes, doit-on s’enfermer dans nos maisons ? Et non, ce serait aussi trop simple ! Le saviez-vous : l’air ambiant des maisons est généralement encore plus pollué que l’air extérieur ! Surtout s’il n’est pas suffisamment renouvelé (donc si vous n’aérez pas suffisamment la maison) : les polluants s’accumulent…

Ces polluants, qui vont irriter nos muqueuses, proviennent de différentes sources. Produits d’entretien, tabac, plantes en pot, moisissures microscopiques du fait d’une trop grande humidité dans la maison, poils de chats ou de chiens… Sans compter les acariens, qui se nichent dans des endroits douillets (matelas, tentures, tapis, peluches…). Leurs déjections sont particulièrement allergisantes.

La poussière s’avère aussi irritante pour nos muqueuses, et est donc susceptible de provoquer des réactions allergiques.

Comment se manifeste l’allergie ?

Les réactions sont généralement de deux ordres : elles peuvent être immédiates et donc survenir tout de suite dès le contact avec l’allergène, soit retardées, laissant du temps aux mécanismes allergiques de se mettre en place.

Les réactions instantanées sont notamment :

-          Le « rhume des foins », ou rhinite allergique : le nez est bouché, coule (en alternance ou même en même temps !), picote, accompagné d’éternuements soudains et par salves (plusieurs qui se succèdent).

-          La conjonctivite : les yeux sont rouges, chatouillent, pleurent, piquent…

-          L’asthme : il est reconnaissable à la difficulté à respirer et aux sifflements entendus lors de la respiration, à une toux sèche, un essoufflement rapide…

La manifestation retardée la plus fréquente est l’eczéma (à distinguer de l’urticaire !), avec des boutons, vésicules, rougeurs, démangeaisons, une peau sèche avec des squames (peaux mortes), voire des fissures suintantes ou des croûtes…

Quels traitements pour l’allergie ?

Si vous constatez que des symptômes allergiques surviennent à des moments bien précis (à un moment de l’année comme au printemps, ou lorsque vous balayez…), consultez votre médecin pour vérifier s’il s’agit bien d’une allergie. Des traitements sont possibles, mais ne les prenez pas d’emblée, sans demander conseil à un professionnel de santé.

Lorsque les plaintes sont minimes, comme une rhinite légère par exemple, il peut vous conseiller un décongestionnant nasal anti-allergique qui va traiter l’inflammation au niveau des muqueuses du nez.

Pour des conjonctivites, également, il existe des collyres (gouttes pour les yeux) qui vont jouer le même rôle, mais au niveau des yeux, bien évidemment !

Dans ces cas-là, le médecin peut aussi vous conseiller un antihistaminique, afin de bloquer la production de l’histamine, qui est à l’origine des inflammations. Certains sont vendus sans prescription : mieux vaut tout de même demander l’avis d’un professionnel de la santé avant de les acheter.

Dans certains cas, les allergies sont plus importantes et nettement plus gênantes, voire graves. Ici l’avis du médecin est indispensable. Ainsi, dans le cas de l’asthme, cela nécessite un traitement bien spécifique (des bronchodilatateurs pour, comme leur nom l’indique, dilater les bronches pour faciliter la respiration) parfois à base de corticoïdes.

Dans les cas d’eczéma très importants, des pommades aussi à base de cortisone peuvent être indiquées.

Et pour les rhinites allergiques, le vaporisateur nasal peut aussi être à base de cortisone.

Peut-on se débarrasser de l’allergie ?

Pour supprimer les allergies vraiment trop gênantes dans la vie de tous les jours (essentiellement celle aux pollens), il est possible de passer par l’immunothérapie spécifique. Il fallait pour ça, il y a peu, passer par les piqûres ; désormais, on dépose simplement des gouttes sous la langue pour réhabituer progressivement le système immunitaire à considérer l’allergène comme une substance « amie ».

Elle est réalisée de manière régulière sur une période de six mois, et est à répéter 3 à 5 années de suite. Il faut donc un peu de courage, de persévérance et de patience, mais les résultats sont satisfaisants, même s’ils ne sont pas garantis… L’avantage, c’est qu’elle arrête le processus allergique, l’aggravation des symptômes et la multiplication des allergies.

Entre-temps, comment éviter de provoquer les symptômes allergiques ?

Nous pouvons prendre des mesures dans notre vie de tous les jours.

A la maison :

- Ne pas utiliser des produits d’entretien trop agressifs, éventuellement favoriser les produits naturels comme le vinaigre, le savon noir, etc.

- Ne pas fumer à l’intérieur de la maison.

- Ne pas surchauffer la maison et ventiler au moins 15 minutes, fenêtres grandes ouvertes, tous les jours. Surtout les pièces humides comme la salle de bains, la cuisine, la buanderie, etc.

- Eliminer les plantes en pots allergisantes, tout au moins les moisissures qui se forment sur le terreau.

- Laver régulièrement le chien, et limiter l’accès à certaines pièces aux animaux de compagnie.

- Nettoyez à l’eau de javel (ici c’est permis !) les traces d’humidité sur les murs, les châssis, etc.

- Evitez les meubles ou planchers en bois aggloméré qui contiennent des colles irritantes et nocives. Elles dégagent par exemple du formaldéhyde, reconnu comme cancérigène !

- Essayez les housses de matelas et d’oreillers anti-acariens, et supprimez les tapis, tentures, voire peluches (tant que possible) des chambres. Lavez-les sinon très régulièrement à la machine à laver. Préférez les revêtements de sol lavables, et évitez les moquettes.

- Aspirez régulièrement votre matelas.

- Aérez la pièce que vous balayez ou aspirez.

A l’extérieur :

- Ne pas faire sécher le linge à l’extérieur lorsque les pollens volent dans l’air.

- Lors de ces pics, éviter aussi d’ouvrir les fenêtres : faites-le alors en soirée ou tôt le matin.

- Soyez attentifs aux bulletins annonçant les périodes « défavorables » pour les personnes souffrant de rhume des foins : de plus en plus de flash météo les annoncent. Evitez alors de sortir entre 7 et 9h et entre 15 et 19h, périodes les plus concentrées en pollen

- Si c’est le gazon qui vous indispose, évitez la corvée tonte de la pelouse.

- Prenez note des moments auxquels se déclenchent les crises, afin de voir si elles coïncident avec les périodes de floraison des plantes ou arbres suspectés ou avec des événements particuliers (visite chez un ami à la campagne, promenade dans un bois, lors de journées venteuses…)

- Ne vous frottez pas les yeux quand ils chatouillent : cela aggrave l’irritation ! Rincez-les à l’eau claire ou apposez-y des compresses humides pour vous soulager.

- Portez des lunettes de soleil lorsque vous sortez : elles peuvent dans une certaine mesure limiter le nombre des grains de pollen ou de graminées pouvant entrer en contact avec vos yeux.

- Evitez les parcs, jardins, champs en période propice aux allergies.

- Dans la voiture, roulez vitres et toit ouvrant… fermés !

- Ne laissez pas vos animaux entrer chez vous s’ils ont passé la journée à l’extérieur : leur poil est porteur de pollens !

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