Et, ces « régimes pour maigrir » qui font grossir… ?

Et, ces « régimes pour maigrir » qui font grossir… ?

Dr Seydina Limamoul Mahdi DIAGNE - Gériatre- Nutritionniste Bien être

Pour beaucoup et même pour la plus part des médecins, même nutritionnistes parfois, faire maigrir un obèse - bref, un Gros ou une Grosse – est une simple affaire : il suffirait d’avoir la volonté de « manger moins gras, moins sucré et de bouger… » . Non, Ce n’est pas tout à fait vrai, ni aussi simple! En plus celui ou celle qui dit que c’est « simple de maigrir » a souvent une maigreur constitutionnelle, ou une « minceur », ou un poids modéré, et fait même parfois de façon habituel ou non un peu de sport.

Pour beaucoup et même pour la plus part des médecins, même nutritionnistes parfois, faire maigrir un obèse - bref, un Gros ou une Grosse – est une simple affaire : il suffirait d’avoir la volonté de « manger moins gras, moins sucré et de bouger… » . Non, Ce n’est pas tout à fait vrai, ni aussi simple!

En plus celui ou celle qui dit que c’est « simple de maigrir » a souvent une maigreur constitutionnelle, ou une « minceur », ou un poids modéré, et fait même parfois de façon habituel ou non un peu de sport.

Depuis quelques siècles la minceur - et non la maigreur - est devenu, en Occident surtout mais aussi dans nos sociétés qui s’occidentalisent, un critère de beauté voire de santé.
Les régimes minceur foisonnent et sont régulièrement réactualisés en fonction des tendances du moment. La tendance actuelle est plutôt de bannir le mot « régime » dans les cabinets de médecins nutritionnistes ou de diététiciens. L’on parle plutôt d’ « alimentation équilibrée ».

Ainsi, il faut « apprendre » au Gros ou à la Grosse ce qu’est une alimentation normale ou équilibrée. Et, si malgré cela la personne en surpoids ou obèse persiste dans ses kilos de trop, alors ce sera de sa faute !

Être gros devient alors un péché : celui de ne pas pouvoir se contrôler devant la tentation d’un aliment succulent, celui de ne pas réussir à se maîtriser, bref celui d’être tout simplement gourmand. Et, pourtant il y a des gourmands qui ne grossissent pas, et pourquoi alors ?! Ce n’est pas juste diront certains ! Sommes- nous faits pareils ? Bien sûr que non… !

La Médecine - et donc la Nutrition – est certes une science, mais est aussi un art qui s’appliquent à des individus en particulier et non à une Humanité homogène.

Autrement dit, vouloir appliquer des moyennes statistiques d’un ensemble de populations (sur par exemple, le nombre de calories à manger, le contenu des repas, le nombre et l’heure des repas,…) à des individus très différents parait aberrant en Nutrition.

Ces « régimes » ou « alimentations équilibrées », qui ne sont pas personnalisés, sont sources d’une certaine limitation de l’imagination, voire une perte de l’indépendance ou de la liberté, de la personne. De ce fait, elle ne mange plus selon sa faim, ses goûts et appétences, mais mange selon ce qu’on lui dit de manger (par la voix de la télévision, des magazines, des organismes étatiques, des sites internet spécialisés ou non, de ses voisins, et même de son médecin, …). Les conseils diététiques, nutritionnels, et rarement alimentaires et gastronomiques, pullulent.
Les spécialistes se contredisent, avec des arguments parfois pertinents ou non ou parfois totalement farfelus. Et, le consommateur ou « mangeur » se perd et ne sait plus quoi manger! C’est là que débutent les troubles du comportement alimentaire.

Ainsi, celle ou celui qui se sent Grosse ou Gros – et, qui ne l’ai même pas parfois ! – commence à se restreindre et à s’appliquer des interdits alimentaires, et se décide même parfois à pratiquer du sport. Alors, cette personne se met à maigrir, car toute restriction énergétique ou hydrique fait maigrir. Donc tous les « régimes » font maigrir. Mais, là n’est pas le problème ! Le vrai problème est de rester « mince ». La perte de poids va durer combien de temps ? C’est pour quand le prochain « régime » ?

En effet, certaines restrictions sont perçues par le corps humain comme des épisodes de famines. Ce sont les famines « modernes » auto-infligées. L’organisme humain, pour se protéger ultérieurement contre d’éventuelles « famines », va répondre en multipliant les adipocytes (qui sont les cellules graisseuses, réservoirs de la graisse). Si un nouveau régime ou restriction ou famine se reproduit, ces réservoirs se vident mais leur nombre reste intact. Et, dès que la nourriture redevient disponible, ces réservoirs se replissent de nouveau – augmentant aussi en nombre : la personne regrossit alors avec un nouveau poids supérieur à celui du précédent « régime », et ainsi de suite… C’est ainsi, qu’un léger surpoids, ou même un poids de base faible, peut augmenter progressivement jusqu’à une obésité morbide.

Ces famines modernes peuvent aussi engendrer des problèmes de santé , surtout si elles sont « déséquilibrées », alors qu’à la base les sacrifices étaient faites pour être une meilleure santé ou tout simplement être plus belle ou plus beau…

Même si le régime ou l’alimentation dite équilibrée l’est vraiment, le poids obtenu peut ne pas être le poids d’équilibre physiologique de la personne. Ce nouveau poids pourrait cependant être maintenu mais au prix de beaucoup de sacrifices et pour toute la vie. Ce qui est loin d’être facile ou sans conséquences physiques ou mentales sur soi voire sur ses proches!

Mais l’obésité est-elle réellement dangereuse pour la santé ?

Bien sûr ! diront les cardiologues, les rhumatologues, les gynécologues, les chirurgiens, les diabétologues, les endocrinologues, les nutritionnistes – bref, tous les médecins, mais aussi les non médecins. Il est généralement bien admis que tout médecin qui se « respecte » voyant un patient obèse ou en surpoids se voit obliger de lui prodiguer des conseils (non consensuels souvent) ou de lui prescrire un régime alimentaire sans que cela soit objet de la consultation ni même son souhait. Une prescription ou des conseils faits dans ce contexte sont forcément voués à l’échec.

Par ailleurs, au niveau de la santé publique, vouloir réglementer, légiférer et contrôler au gramme près ou calorie près ou au nutriment ou micro-nutriment près, n’est –il pas source d’angoisse et troubles du comportement alimentaire réels dans la population et par conséquent cause de surpoids ou d’obésité ?

Mon propos n’est pas de laisser persister les facteurs de risques de l’obésité sans rien faire, mais est plutôt d’agir sur ces situations que nous créons en voulant faire maigrir coûte que coûte des personnes sans que cela soit forcément nécessaire.

Chaque individu est unique par son histoire génétique, sociale, culturelle, et professionnelle.

Dr Seydina Limamoul Mahdi DIAGNE
Gériatre- Nutritionniste
708 fois

,