Mortalité infantile au Sénégal : 35 % des enfants qui décèdent, meurent par malnutrition

Mère et enfants

Le Programme de renforcement nutritionnel (Prn) entame sa phase 2. L’objectif de ce programme 2007-2011, soulignent ses responsables, est de réduire le taux de malnutrition jusqu’à 10 % d’ici 2015. Source : Walfadjri La malnutrition fait des r

Le Programme de renforcement nutritionnel (Prn) entame sa phase 2. L’objectif de ce programme 2007-2011, soulignent ses responsables, est de réduire le taux de malnutrition jusqu’à 10 % d’ici 2015. Source : Walfadjri La malnutrition fait des ravages chez les enfants. Figurez-vous que 35 % des enfants sénégalais qui décèdent, meurent par malnutrition. Une révélation de Biram Ndiaye, coordonnateur du Programme de renforcement de la nutrition (Prn) qui s’exprimait lors de la cérémonie de lancement officiel de la phase II du Programme de renforcement nutritionnel (Pnr), tenue dans l’enceinte du Cercle Mess des officiers. ‘C’est inacceptable’, s’offusque M. Ndiaye d’autant que cette malnutrition a des conséquences néfastes sur la performance scolaire des enfants, la productivité et la croissance économique du pays. Toutefois, le Sénégal est cité en exemple pour avoir fait de la malnutrition une priorité nationale avec la mise sur pied de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm). Mieux, les données de la série d’articles présentés sur Lancet et qui portent sur la nutrition, font du Sénégal le pays qui a le plus faible taux de prévalence de malnutrition en Afrique de l’Ouest. En effet, ce taux de malnutrition au Sénégal se situait à 22 % en 1993. Aujourd’hui, il se situe à 16 %, qui constitue le taux le plus faible des pays de la sous-région. Mais les responsables du Prn ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, l’objectif majeur de cette seconde phase 2007 - 2011 du Programme de renforcement de la nutrition est de réduire le taux de malnutrition jusqu’à 10 % d’ici 2015. Et ce, en conformité avec les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd). Pour cela, un accent particulier sera mis sur le ‘choix des interventions réputées efficaces, à savoir la promotion de l’allaitement maternel exclusif et d’une alimentation complémentaire adéquate, la supplémentation en vitamine A, la distribution et promotion de moustiquaires imprégnées’. Le Prn promet également de passer à l’échelle des interventions ‘qui ont eu à faire leur preuve lors de la première phase’, souligne son coordonnateur. L’enjeu, poursuit Biram Ndiaye, c’est d’atteindre 50 % des populations rurales, particulièrement dans les régions périphériques de Matam, de Tambacounda et de Kolda. Il s’agira, explique-t-il, de mettre un dispositif qui touchera trois cents collectivités locales situées dans les zones rurales des localités précitées où les problèmes de malnutrition sont plus aigus. Revenant sur les contraintes rencontrées lors de la première phase du Prn 2002-2006, Biram Ndiaye a relevé une certaine difficulté à impliquer les Ong dans le programme. ‘Ces dernières n’avaient pas l’habitude de travailler avec l’Etat. Alors, il fallait leur prouver qu’il était possible de réussir énormément de choses ensemble’, explique le coordonnateur du Prn. Mais l’exposition faite dans l’enceinte du Cercle Mess des officiers montre une implication massive de ces partenaires dans la lutte contre la malnutrition. Pour sa part, le ministre de la Femme, de l’Entreprenariat féminin et de la Micro finance qui a présidé cette cérémonie au nom du Premier ministre Hadjibou Soumaré, a invité tous les partenaires à redoubler d’efforts. Selon Awa Ndiaye, des pas énormes restent encore à faire en ce qui concerne la mortalité maternelle et infanto-juvénile. Il s’agira, dit-elle, d’améliorer durablement la situation nutritionnelle du pays. Pour cela, elle appelle à une synergie d’actions impliquant tous les secteurs (agriculture, santé, hydraulique, éducation, développement social…). Phase 2 du Prn : Un budget de 50 millions de dollars américains pour sa réalisation Le budget global de la Phase 2 du Prn est estimé à 50 millions de dollars américains. Selon le coordonnateur du Prn, ce budget est inscrit dans le Programme d’actions prioritaires 2006-2010 de l’Etat du Sénégal qui finance le tiers de ce budget. Les autres bailleurs sont la Banque mondiale, le Programme alimentaire mondial (Pam), l’Unicef, et l’Initiative pour les micro nutriments. Cependant, le budget n’est pas complètement bouclé, car un montant de 10 millions de dollars est encore à rechercher. Malnutrition maternelle et infantile : Les Etats de la sous-région partent en croisade Les Etats de la sous-région ouest-africaine, particulièrement ceux appartenant à l’espace Cedeao, ont décidé de faire de la nutrition une priorité. En atteste la connexion de ces pays lors de la visioconférence organisée avant-hier dans les locaux du Centre d’enseignement à distance de l’Ecole nationale d’administration (Ena). Cette visioconférence organisée dans le cadre du lancement en Afrique de l’ouest de la série d’articles de la revue The Lancet sur la malnutrition maternelle et infantile, aura été un espace de partage et d’échange d’expériences dans le cadre de la lutte contre la malnutrition maternelle et infantile. Abidjan, Nouakchott, Cotonou, Ouagadougou et Dakar se sont ainsi connectés pour porter le message approprié afin que l’alimentation et la nutrition maternelle et infantile puissent prendre place au cœur des problèmes de développement économique de la sous-région. Cette série d’articles sur Lancet offre un nouveau regard sur la prévalence mondiale et l’impact de la malnutrition maternelle et infantile. Ces articles examinent les interventions réputées efficaces qui, mises en place à grande échelle, peuvent réduire les effets de la malnutrition maternelle et infantile de manière significative. La malnutrition maternelle et infantile a une forte prévalence dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui entraîne une hausse substantielle de la mortalité et du poids global de la morbidité. Un examen approfondi des faits a permis d’évaluer les effets des risques liés aux mesures relatives à la malnutrition, ainsi qu’aux pratiques d’allaitement maternel inadaptées. ‘Comme d’autres pays de la sous-région, notre pays est toujours pris en tenaille dans le cercle vicieux malnutrition-maladies et maladies-malnutrition’, souligne Safiètou Thiam, ministre de la Santé et de la Prévention médicale. Selon elle, il s’agira de renforcer les échanges entre pays sur les interventions réputées efficaces pour vaincre la malnutrition. Marième FALL (Présidente des sages-femmes du Sénégal) : ‘Travailler en synergie autour du couple mère-enfant’ La présidente des sages-femmes du Sénégal déplore l’éparpillement des entités qui tournent autour du couple mère-enfant dans le cadre de la lutte contre la malnutrition maternelle et infantile. Selon Marième Fall, ‘si les gens veulent s’inscrire dans une logique de pérennité, il faut qu’on cesse de travailler en vase clos. De son avis, ces entités éparpillées doivent être ensemble dans le cadre de leurs interventions pour atteindre les Omd 4 et 5. Tantôt, un des représentants disait : ‘il faut qu’on travaille dans le cadre du cycle de la vie. Mais, précise Marième Fall, quand on parle du cycle de la vie, il faut d’abord commencer par la femme enceinte’. Pour elle, il faudrait que cette dernière soit en bonne santé pour qu’elle puisse mettre au monde un enfant en bonne santé, quand bien même qu’il ait de la nourriture. Selon la présidente des sages-femmes du Sénagal, une mère mal nourrie et qui a des problèmes de fièvre d’hémorragie et de paludisme ne pourrait jamais mettre au monde un enfant sein qui ne souffrirait pas de malnutrition. De fait, appelle Marième Fall, malgré les résultats enviables au niveau de la sous-région, les entités qui travaillent de façon isolée gagneraient à réunir leurs forces autour du couple mère-enfant.
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