Stérilité et Nutrition par le Docteur Seydina L. Diagne, Geriatre-nutritionniste.

Stérilité et Nutrition par le Docteur Seydina L. Diagne, Geriatre-nutritionniste.

Dr Seydina L. M. DIAGNE Gériatre-Nutritionniste Sexualité

La reproduction humaine est très complexe et nécessite souvent un terrain favorable. De ce fait des liens entre l’état nutritionnel sous-jacent - donc la qualité de l’alimentation- et l’infertilité, voire la stérilité, peuvent être évoqués ; mais ne le sont que très rarement! Et pourtant, notre alimentation influe directement sur notre croissance, notre bonne ou mauvaise santé, mais aussi et surtout notre reproduction pour le maintien de l’espèce.

Les gamètes ou cellules sexuelles (ovules pour les femmes et spermatozoïdes pour les hommes) sont produites par un corps humain apte à se reproduire. L’ovule ne s’ouvre qu’à un spermatozoïde (exceptionnellement à plusieurs, dans certaines gémellités) choisi parmi des millions -qui pourtant, en synergie, libèrent toutes leurs énergies pour que cette « ouverture » ou « acceptation » ait lieu et aboutisse à cette rencontre, à cette fusion extraordinaire appelée fécondation. De ce fait, nous sommes – de la fécondation à la naissance -une possibilité parmi plusieurs millions de possibilités.
Et, parmi ces multiples possibilités il existe des avortements à différents étapes de cette vie dans le ventre de la mère liés à des malformations ou parfois à des dangers de vie de la mère, en mauvaise santé apparente ou non, si la grossesse se poursuivait.

Ainsi, le fœtus qui découle de cette fécondation au sein de la femme, future mère, nécessite un environnement favorable et aussi « sain » que possible. Cet environnement se construit même avant la grossesse et son bon maintien se poursuit avec une alimentation équilibrée.

L’enfant peut aussi naître, malgré certaines carences alimentaires, mais avec parfois des handicaps plus ou moins lourds. C’est le cas de certaines carences comme en fer, en vitamine B12, ou vitamine B9 - qui est un exemple bien connu avec anomalies de développement du fœtus (spina bifida, anencéphalie, …). Des études récentes évoqueraient même un effet bénéfique d’apports suffisants en calcium sur la pré-éclampsie (se manifestant par de l’hypertension artérielle durant la grossesse et pouvant favoriser un accouchement prématuré ou un décès).

L’état nutritionnel, par la balance énergétique avec les macronutriments (glucides, lipides et protides) et le statut en micronutriments (minéraux, vitamines, …),
conditionne le fonctionnement des hormones en général et sexuelles en particulier.En effet, la production d’ovules chez la femme et de spermatozoïdes chez l’homme ne se font, en principe, que lorsque les besoins nutritionnels de base sont couverts. Ce phénomène est visible chez les adolescentes, par exemple : la puberté est retardée chez les filles trop maigres (faible masse grasse) et elle est précoce chez celles en surpoids (masse grasse importante).

Aussi, une fonte excessive et rapide de la masse grasse (par certains « régimes drastiques » !), chez la femme, se complique d’un état d’aménorrhée (ou absence de règle) et donc d’une absence d’ovulation – d’où infertilité. Cette aménorrhée se voit aussi chez certaines sportives de haut niveau qui ont des besoins élevés en certains nutriments, pas toujours couverts complètement.

A l’inverse, l’obésité peut, chez l’homme et la femme être source d’infertilité, voire de stérilité.

Chez l’homme, elle peut entrainer un hypogonadisme avec insuffisance de production d’hormones sexuelles, nécessaires à la production de spermatozoïdes.

Chez, la femme, les complications sont mieux connues avec surtout le syndrome des ovaires micro-poly-kystiques. Ce sont des ovaires ayant plusieurs kystes, fonctionnant difficilement pour produire des ovules, avec comme conséquence infertilité ou stérilité.

L’obésité de type androïde (intéressant le haut du corps), par le biais du tissu adipeux (graisseux) favorise la survenue d’une hyper-androgénie (avec, chez la femme, une production d’hormones mâles plus que nécessaire) source d’infertilité.

La malnutrition, par excès ou par défaut, peut donc être source d’infertilité ou même de stérilité ; mais est loin d’être la seule cause de stérilité. Cependant, elle n’est pas aussi rare que l’on semble y croire.

Il faut donc y penser dans le cadre de la recherche des causes de stérilité. Car, sa prise en charge peut être souvent simple : corriger le problème nutritionnel en accord avec le couple !

L’infertilité et/ou la stérilité n’est –elle pas parfois (du moins, en Nutrition) un facteur protecteur envers la femme devant vivre, dans les meilleures conditions, une grossesse tout en gardant une bonne santé pour s’occuper par la suite d’un petit humain naissant avec un bon capital santé ?

La grossesse se prépare alors, sur le plan nutritionnel, avant même la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes…


Dr Seydina L. M. DIAGNE
Gériatre-Nutritionniste
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